Devis Gratuit
Photo illustrant le contenu de la page

Guide de voyage

Quartiers de Salvador de Bahia : Pelourinho, Barra, Rio Vermelho

Les quartiers incontournables de Salvador de Bahia

Entre traditions afro-brésiliennes, façades colorées et rythmes de tambours, Salvador de Bahia révèle une personnalité vibrante à chaque coin de rue. Des ruelles coloniales perchées sur les hauteurs de la Cidade Alta aux marchés animés et aux plages festives de la Cidade Baixa, la ville mêle culture, spiritualité et douceur de vivre. Explorer ses quartiers, c’est plonger dans une Bahia authentique, où chaque scène de vie raconte une histoire et où la musique semble ne jamais s’arrêter.

Découvrez notre inspiration voyage : itinéraire au Brésil, de la baie de Rio à la Terra da Felicidade, un séjour à la découverte de Salvador de Bahia et des incontournables du Brésil.

Salvador de Bahia
Palácio Rio Branco
Salvador de Bahia

La Cidade Alta : les hauteurs historiques de Salvador

Depuis son mirador, la Cidade Alta domine la Baía de Todos os Santos avec la sérénité de celle qui sait depuis toujours qu'elle occupe la meilleure loge. C'est ici que bat le cœur historique de Salvador — ses églises baroques, ses places coloniales, ses musées et ses ruelles pavées qui ont vu naître la culture afro-brésilienne.

Le Pelourinho : le centre historique classé de Salvador

Le Pelourinho est à Salvador ce que le Marais est à Paris, avec en prime quatre siècles d'histoire coloniale, une culture afro-brésilienne vivante et des couleurs que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985, il est le centre historique de Salvador tel qu'il fut tracé dès le XVIe siècle par les urbanistes portugais, un quadrillage de ruelles pavées de gros galets, des maisons à deux ou trois étages aux façades peintes en bleu, jaune, rose, vert et ocre, des balcons de fer forgé débordant de plantes et de linge qui sèche au soleil.

Son nom vient du pelourinho, le pilori, qui trônait autrefois sur sa place centrale et servait aux châtiments publics des esclaves. C'est de cette mémoire douloureuse et de cette résilience extraordinaire qu'est né l'esprit du quartier : résilient, chantant, dansant, et terriblement entraînant. Les Bahianais observent depuis leurs balcons ornés les ruelles prendre vie, un tableau que Michael Jackson a immortalisé en 1995 en choisissant le Pelourinho comme décor de son clip They Don't Care About Us, filmé depuis le balcon d'une maison bleu ciel de la Rua Gregório de Matos. Ce choix n'avait rien d'anodin : les centaines de tambours Olodum qui défilaient dans le clip sont la métaphore exacte de l'esprit du quartier.

En soirée, les places du Pelourinho se transforment en scènes à ciel ouvert. Les groupes de percussions s'installent, les danseurs de capoeira tournent et se défient en cercle au son du berimbau, et les touristes du monde entier se mêlent aux Bahianais dans une fête spontanée qui recommence chaque nuit. L'art est proéminent partout : les fresques murales adoucissent les façades usées, les galeries d'art populaire s'ouvrent sur les ruelles, et les ateliers d'artisans,  cuir, céramique, bijoux de graines, côtoient les restaurants de cuisine bahianaise traditionnelle.

L'Igreja São Francisco : l'or de Salvador

Parmi les trésors que le Pelourinho renferme, l'Igreja da Ordem Terceira de São Francisco mérite une mention absolue. Classée parmi les Sept Merveilles du monde d'origine portugaise, cette église du XVIIIe siècle est l'expression la plus éblouissante du baroque luso-brésilien à Salvador. Ses intérieurs sont entièrement recouverts de bois sculpté recouvert de poudre d'or, 800 kilos d'or selon les estimations, qui scintille à la lumière des cierges dans une profusion ornementale qui frise l'hallucination. Les murs de la sacristie adjacente sont quant à eux tapissés d'une mosaïque d'azulejos portugais du XVIIIe siècle, dont chaque panneau raconte un épisode de la vie de saint François. Le contraste entre la pauvreté historique de la ville et la richesse délirante de cette église résume à lui seul les paradoxes de l'histoire coloniale brésilienne.

La Fondation Jorge Amado et le Palácio Rio Branco

Deux autres adresses du Pelourinho méritent le détour. La Fundação Casa de Jorge Amado, installée dans une maison d'un bleu criard qui interpelle depuis la rue, est dédiée au plus célèbre écrivain brésilien, l'auteur de Gabriela, Cravo e Canela, de Dona Flor e seus dois maridos et de Capitães da Areia, romans qui ont fait de Salvador leur décor de prédilection et qui restent la meilleure introduction littéraire à la Bahia. Les fenêtres de la fondation offrent une vue sur le centre historique qui fait merveilleusement honneur à l'écrivain. À quelques pas, le Palácio Rio Branco, ancien palais du gouverneur colonial, avec ses moulures néoclassiques et sa façade majestueuse, abrite aujourd'hui un musée retraçant l'histoire de la ville.

Salvador de Bahia
l'ascenseur Lacerda
Salvador de Bahia

La Cidade Baixa : Salvador entre mer, marché et fête

En descendant de l'Elevador Lacerda, la ville change de registre. La Cidade Baixa s'étend du pied de la falaise jusqu'aux quartiers de bord de mer, plus populaire, plus vivante, plus proche du quotidien des Bahianais. C'est ici que Salvador se révèle dans ses contradictions les plus savoureuses : un marché traditionnel aux odeurs de dendê et de coco, un quartier bohème où artistes et pêcheurs cohabitent, et un front de mer qui devient le circuit principal du carnaval.

Le Mercado Modelo : le grand marché artisanal de Salvador

Juste en face de l'Elevador Lacerda, dans un bâtiment Art Déco qui fut l'ancienne douane coloniale de Salvador, le Mercado Modelo est le marché le plus célèbre de la ville. Ses plus de 250 boutiques s'entremêlent dans un labyrinthe de stands grouillants où tous les sens sont mis en éveil simultanément : effluves de noix de coco et de moqueca qui flottent au-dessus des étals de peintures acryliques, sculptures en bois, bracelets de fil tressé, paniers d'osier, nappes brodées et percussions artisanales. À l'entrée, les carrancas, ces sculptures au visage agressif héritées de la tradition des bateaux fluviaux du São Francisco, censées dissuader les mauvais esprits, montent la garde avec leur mine patibulaire et fascinante.

Le Mercado Modelo est aussi un lieu de spectacle : des danseurs de capoeira se produisent dans la cour intérieure à intervalles réguliers et les percussionnistes Olodum répètent parfois dans les couloirs, des rencontres spontanées qui font de chaque visite une expérience unique.

Rio Vermelho : le quartier bohème et festif

À l'extrémité nord de la Cidade Baixa, le quartier de Rio Vermelho est le repaire des noctambules, des artistes et des pêcheurs de Salvador. Cette cohabitation improbable lui donne un caractère unique dans la ville : le matin, les barques de pêcheurs rentrent au port chargées de crevettes et de poissons que les restaurants du quartier s'arrachent ; le soir, les bars de la Rua da Paciência et de la Rua Fonte do Boi s'animent d'une clientèle mêlant intellectuels, musiciens et fêtards. L'ambiance est à la fois intime et festive, tout le monde semble se connaître, les conversations débordent des terrasses sur le trottoir, et la musique brésilienne live (MPB, axé, pagode) est omniprésente.

La Praia de Buracão, la plage de Rio Vermelho, est moins une plage de baignade qu'un lieu de vie : on s'y installe sur le sable chaud avec un acarajé dans une main et une caipirinha dans l'autre, face à une mer agitée aux reflets d'argent, et on regarde le soleil descendre sur la baie dans un orange qui embrase les façades pastel du bord de mer.

Barra : le phare, les plages et le circuit du carnaval

Au sud de la Cidade Baixa, Barra est le quartier le plus structuré et le plus fréquenté des visiteurs. Son front de mer soigné voit défiler les joggeurs et les cyclistes dès l'aube sous un soleil de plomb. Mais son monument emblématique est le Farol da Barra, le phare de Barra, construit en 1698, l'un des plus anciens du Brésil et gardien depuis trois siècles de l'entrée de la Baía de Todos os Santos. Son musée nautique, installé dans le fort Santo Antônio da Barra qui l'encadre, retrace l'histoire maritime de la Bahia coloniale. Le coucher de soleil depuis les rochers qui entourent le phare est l'un des plus photographiés de Salvador.

Barra est également le point de départ du circuit principal du Carnaval de Salvador, le premier tronçon emprunté par les trios elétricos, où l'effervescence est la plus intense. Ses rues larges et son front de mer en font le secteur le plus confortable pour vivre la fête, avec des camarotes (espaces privatifs) accessibles en réservation pour ceux qui veulent profiter du spectacle avec un peu de distance.

Découvrez nos guides de voyage