
Guide de voyage
Le parc national de la Serra da Capivara
Découvrez le parc national de la Serra da Capivara lors d’un voyage au Brésil
Vestiges archéologiques des premiers hommes
Plus au nord, dans l’Etat du Piaui, on redécouvre la nature sous un autre angle, celui des premiers Hommes américains. Véritable galerie d’art rupestre à ciel ouvert, la Serra da Capivara est d’une importance essentielle dans l’histoire de l’humanité. La découverte de près de 300 sites archéologiques couverts de peintures rupestres datant de plus de 25 000 ans par Niede Guidon, préhistorienne franco-brésilienne qui aura consacré une bonne partie de sa vie à creuser les secrets millénaires de ce parc, a bouleversé les croyances des scientifiques relatives au passé de nos ancêtres.
De dessin en dessin, la roche s’exprime comme un livre ouvert. On s’immerge dans l’art de vivre d’autrefois, on s’amuse à décrypter les formes tantôt géométriques, tantôt plus abstraites et créatives, et ici, tout est soumis à interprétation, ce qui en fait des toiles naturelles aussi fascinantes pour les enfants que passionnantes pour les adultes. Et si de jour, le spectacle vaut largement toute la route parcourue pour atteindre le parc, les observer de nuit sous les lumières des projecteurs confère à cette expérience une atmosphère mystique.


Randonnées et incontournables
Et rassurez-vous, à la Serra da Capivara, on ne se contente pas de visiter que des sites archéologiques. On y reste volontiers quatre ou cinq jours pour crapahuter au cœur de paysages évolutifs et inattendus sur ces gigantesques terres d’aventure d’une superficie de 130 000 hectares. À chaque randonnée, on change de décor : les chefs-d’œuvre façonnés par les éléments se succèdent, les arbres vertigineux grandissent entre les parois rocheuses, les façades dorées des falaises du sitio do Meio paraissent brossées de la main de l’homme, l’emblématique Pedra Furada s’impose comme une curiosité géologique qui rappelle la forme circulaire des Biscoitos de Polvilho (biscuits brésiliens soufflés à base de farine de manioc) et les innombrables miradors naturels vous hissent au-dessus du toit végétal infini de la Caatinga, pâle et rosé par le manque d’irrigation en saison sèche, et dense et abondant en saison humide.
Les pics d’émotions prennent une autre dimension à la tombée de la nuit. Des centaines d’hirondelles virevoltent en cercle au-dessus du canyon de Baixão das Andorinhas et tirent leur révérence avant de se jeter à toute allure (jusqu’à 120 kilomètres, c’est le cas de le dire) dans ses profondeurs 90 mètres plus bas pour y passer la nuit. Au coin d’un brasero qui s’enflamme, on chante le Forro, une musique typique du nordeste, et on saisit une main tendue pour s’initier à ses pas rythmés au coin du feu, sous la voie lactée.
La Serra da Capivara, on l’aime pour sa grande richesse historique et biologique, et ses chemins de terre battue couleur terra cota, et on la chérit pour sa discrétion et la délicieuse solitude qu’on ressent au point de s’y sentir privilégié.














