
Guide de voyage
Guide Salvador de Bahia
Guide de voyage à Salvador de Bahia
Blottie entre la Baie de Tous les Saints et l’océan Atlantique, la ville de Salvador de Bahia danse 365 jours par an sous un soleil ardent, qui dore ses façades colorées et embrase ses étroits passages pavés. Aucune ruelle n’est épargnée par le rythme endiablé des percussions, on chante la vie de jour comme de nuit, et on célèbre les saints au quotidien. Les bahianais, fiers de leur identité métissée, rendent hommage à leurs racines dans les saveurs qu’ils cuisinent, les divinités qu’ils honorent et la chaleur qu’ils propagent. Poser le pied à Salvador, c’est pénétrer dans la Terra da Felicidade, une terre baignée de sourires, de spiritualité, de générosité et de gratitude, dont la beauté sans fard ébranle même les plus tenaces. Si vous vous demandez que faire à Salvador de Bahia, préparez-vous à découvrir une ville vibrante, entre culture afro-brésilienne, plages de sable doré et fêtes endiablées.
*Terre de bonheur
Salvador de Bahia en quelques chiffres...
- C’est la 4e métropole du pays, avec une population métropolitaine estimée à 4 millions d’habitants, large d’une superficie de près de 700km2.
- Salvador a tristement été le premier marché d’esclaves du Nouveau Monde pour l’exploitation des plantations de cannes à sucre, avant d’abolir définitivement l’esclavage en 1888.
- La ville compte près de 370 églises catholiques, et si l’idée vous vient d’en visiter une par jour, il vous faudrait plus d’une année
- La culture afro-brésilienne y est célébrée quotidiennement, et ce sont plus de 80% de ses habitants qui se déclarent descendants d’Africains.
- Ce sont plus de 800 façades qui ont été rénovées dans le centre historique, faisant de ce quartier un véritable musée à ciel ouvert



Une autre facette du Brésil, entre histoire et culture
Première capitale du Brésil, Salvador de Bahia n’en est pas moins grandiose depuis que le titre a été cédé à Rio de Janeiro, puis à Brasilia. Accrochée à la côte bahianaise dans le Nordeste, la ville s’est bâtie sur une histoire douloureuse et affiche aujourd’hui un caractère plus que résilient.
Fondée par les colons portugais sur les terres Tupis en 1549, les tribus indigènes avaient pourtant réservé un accueil chaleureux aux colons, avant qu’ils n’assiègent le littoral et ne façonnent Salvador de Bahia selon leurs idéaux, exploitant en masse les ressources bahianaises comme la canne à sucre au profit du commerce international. Insatisfaits par la main-d'œuvre tupis, ils ne tarderont pas à déporter des milliers d’esclaves des colonies guinéennes, congolaises et angolaises. Salvador se libère finalement de ses chaînes européennes et obtient par la pression son indépendance le 2 juillet 1823.
De son histoire sensible, la ville ne cessera d’honorer et de célébrer son métissage, et le peuple bahianais a fait de son identité plurielle sa plus grande force, car ce ne sont pas que ses façades polychromes qui la rendent si attractive et émouvante, mais la délicieuse alchimie entre traditions bien ancrées, culture battante et le tempérament profondément solaire, affectueux et joyeux des bahianais.
Perchée sur sa falaise, Salvador de Bahia regarde l’Atlantique comme un vieux marin guette l’horizon, avec la patience de ceux qui ont vu passer tempêtes et belles éclaircies. Ses fondations inédites à même la roche ont engendré une nette distinction entre sa ville haute et sa ville basse, reliées par le premier ascenseur urbain au monde, l'ascenseur Lacerda, encore fonctionnel aujourd’hui.



Les quartiers incontournables
De la Cidade Alta coloniale et colorée jusqu’à l’effervescence bohème de Rio Vermelho, Salvador de Bahia dévoile une mosaïque de quartiers vibrants où histoire, culture afro-brésilienne, art et bord de mer s’entremêlent. Entre le Pelourinho, ses tambours et son architecture baroque, et la Cidade Baixa, plus intimiste, c’est toute l’âme bahianaise qui se révèle.


Le Carnaval de Salvador de Bahia : la plus grande fête de rue au monde
Et le carnaval est à vivre au moins une fois dans sa vie. Car celui de Salvador n’est pas n’importe quel grand carnaval de métropole, c’est tout simplement la plus grande fête de rue du monde qui détient sa place dans le livre Guinness des records. Au mois de février, on assiste à un véritable raz-de-marée de félicités. Pendant quatre jours, une vague humaine et musicale déferle sur la ville, inondant les rues, les places et les danses d’une ivresse contagieuse. Ce sont 2,5 millions de Brésiliens venus des quatre coins du pays mêlés aux visiteurs, qui, au détriment des chars, sont les acteurs principaux de ces défilés, happés par la musique qui émane des trios elétricos : des camions transformés en véritables scènes mouvantes.
Art de vivre & saveurs Bahianaises
Une fois qu’on goûte à l’art de vivre bahianais, difficile de s’en défaire. Ici on vit dehors, à discuter avec qui le veut sur un perron, il en faut peu pour qu’une rencontre finisse en embrassade, et le sourire ne manque jamais à l’appel. On pourrait croire que Salvador est victime d’une faille temporelle, car dans cette métropole, le temps n’a plus de valeur. Et malgré tous les efforts déployés à organiser un programme minutieusement, l’imprévu l’emportera toujours, que ce soit sous la forme d’une procession improvisée, d’une démonstration de capoeira spontanée ou d’une jolie ruelle pittoresque qui attire votre attention.
De leurs racines africaines, la plupart des bahianais sont restés fidèles aux croyances de leurs ancêtres. C’est d’ailleurs de cette rencontre de cultures d’une richesse inédite qu’est né le Candomblé, la religion majoritairement pratiquée à Salvador qui s’est fondée au croisement des croyances chrétiennes venues d’Europe et des rituels spirituels venus d’Afrique. Chaque cérémonie est célébrée en l’honneur des divinités qu’on appelle orixás, et c’est en elles que repose notre destinée.
Et dans l’assiette, les saveurs y sont tout aussi métissées, et n’hésiteront pas à émouvoir votre palais. L’ingrédient signature de cette cuisine savoureuse est le dendé, autrement dit l’huile de palme, issue de la pulpe du fruit des dendezeiros. Au menu de votre séjour : l’onctueuse Vatapa Bahiana vous régalera de ses crevettes au lait de coco rehaussées de cacahuètes, le généreux bobó de camarão, star de la côte, régale rien qu’à son odeur et on y retrouve des crevettes fraîches, cette fois accompagnées de purée de manioc et d’une sauce à en faire trembler vos papilles.
Quant à la question de la sécurité qui est souvent source d’inquiétude avant de poser pied au Brésil, il est évidemment crucial de faire preuve de bon sens. Bien que la curiosité vous pique dès vos premiers instants sur le sol bahianais, il est préférable de ne pas s’aventurer dans certains quartiers populaires qui ne sont pas habitués à recevoir les touristes, et où le taux de criminalité est bien plus élevé que dans les zones sécurisées. Une police spécifique est déployée pour assurer le bien-être des visiteurs, et ces derniers n’hésiteront pas à vous barrer la route si vous vous aventurez dans une zone qui présente un risque potentiel. Parmi ces quartiers, il est préférable de se tenir à distance de la zone de Novos Alagados, São Cristóvão, Mata Escura et Nova Esperança.
Et malgré toute la gentillesse et la générosité qu’on rencontre, Salvador De Bahia est faite de contrastes et la vie ne s’arrête pas aux centres touristiques : de la beauté à la l’usure, de l’abondance aux besoins criants, et d’une histoire douloureuse à des sourires radieux.
Et pourtant, on la chérit dès les premiers instants, car dans ses rues où la mémoire et les célébrations s’entrelacent, on comprend que le véritable trésor n’est pas seulement dans les façades colorées, dans les églises ou au bord des plages, mais dans cette force de vivre et cette joie éclatante propre au bahianais qui imbibe chaque regard et fait danser la ville tout entière.














