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Guide de voyage

Tolar Grande en Argentine : immersion dans la Puna salteña

Tolar Grande, au bout de la piste

Si vous cherchez à ressentir toute l’immensité et la rudesse du Nord-Ouest Argentin, Tolar Grande est le point de chute idéal. Ce minuscule village reculé de la Puna salteña, situé à 3 500 mètres d’altitude, n’est accessible qu’après plusieurs heures de piste caillouteuse et poussiéreuse, communément appelée camino de ripio. Ici, la nature n’offre ni confort, ni facilité, mais elle récompense généreusement les plus audacieux.

Et Tolar Grande se mérite, c’est le cas de le dire : pour rejoindre les joyaux cachés du Nord-ouest argentin, on traverse des terres oubliées, foulées par quelques locaux à la journée, et des villages miniers perdus dans la Puna d’où gisent des étendues salines qui craquèlent sous les pas des visiteurs au cœur du Salar de Pocitos. Les sentiers vous invitent presque à toucher les nuages, et on remplit ses joues de feuilles de coca aux abords du plus haut col à franchir avant Tolar Grande, celui d’Alto Chorrillo, situé à 4 560 mètres d’altitude. Avant de franchir la ligne d’arrivée, le Desierto del Diablo étend ses vagues pétrifiées de roche rouge, et lève le voile sur des centaines de petites collines affalées les unes sur les autres en bord de route.

Le Salar d'Arizaro et le cône d'Arita

Si les conditions de route valent largement la beauté des paysages, c’est aux alentours de Tolar Grande qu’on en prend plein les yeux. Le village borde le plus vaste lac salé de la région, le Salar d’Arizaro, dont le nom signifie “cimetière des vautours” en Quechua, une langue amérindienne encore pratiquée dans le Nord-Ouest Argentin. Et dans ce salar, un sommet aux allures de repère cosmique fait mouche : celui d’Arita, un cône sombre à sa pointe, considéré comme parfait et flottant au beau milieu de millions de cristaux de sels, comme le point culminant d’une pyramide ayant percuté les nuages.

Puis au milieu de nulle part, émergent des points d’eau d’une beauté magnétique. Des sources salées aux teintes cristallines, où la profondeur fascine et les contrastes abyssaux enivrent. Un trésor naturel qui se fait appeler “Ojos del Mar”, situé à quelques kilomètres de Tolar Grande.

Les nuits étoilées à 3 500 m

Une fois la nuit tombée, Tolar Grande révèle peut-être son atout le plus précieux. Loin de toute source de pollution lumineuse, à 3 500 mètres d'altitude, dans l'air sec et transparent de la Puna, le ciel nocturne atteint une clarté rare. Ce n'est pas une hyperbole de voyageur : Tolar Grande abrite l'un des ciels les plus purs d'Argentine, au point que des astronomes professionnels y ont implanté l'Observatoire Macón, construit à 4 665 mètres d'altitude au cœur de la Puna salteña. Les conditions, faible humidité, altitude élevée, absence quasi totale de lumière artificielle, y attirent des équipes scientifiques venues du monde entier. Pour le voyageur, l'expérience est plus simple et tout aussi saisissante : sortir du village après 22h par nuit sans lune, lever les yeux et voir la Voie lactée se déployer dans toute sa densité, les Tres Marías briller comme des lanternes, et les étoiles filantes traverser le ciel avec une régularité presque rythmée. Un de ces moments de voyage qu'on ne photographie pas vraiment, parce qu'aucun appareil n'en rend compte fidèlement.

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