
Guide de voyage
Guide de Buenos Aires
Guide de Buenos Aires
Buenos Aires, l’élégante capitale cosmopolite d’Argentine, marque le point de départ de tout voyage dans le pays. Une mégapole singulière sur ce continent, en plus de compter parmi les plus vastes d’Amérique du Sud, qui valse entre spleen européen et chaleur latine. C’est surtout une ville pleine de romance, qui vous immerge tantôt dans des ruelles aux allures de vieux Paris, tantôt dans des quartiers branchés et modernes où les porteños, habitants de Buenos Aires, trinquent au Fernet jusqu’au petit matin. À Buenos Aires, chaque rue vous réserve son lot de curiosités, et chacun de ses quartiers révèle un autre visage d’une capitale plurielle. Intense et pleine de vie, elle vous invite à vibrer dans les gradins déchaînés du stade de la Bombonera, à ressentir la profonde mélancolie d’un tango argentin, à partir à la rencontre des porteños aussi passionnés que bavards, qui vous accueilleront comme un vieil ami, et à goûter aux délices d’un asado traditionnel accompagné d’une savoureuse sauce Chimichurri. Découvrez dans notre guide de Buenos Aires, les quartiers incontournables à ne pas manquer lors de votre voyage.


Palermo, le quartier branché
Au Nord de la ville, le vaste quartier de Palermo illustre le caractère effervescent et créatif de Buenos Aires. Un véritable caméléon, qui se déploie en plusieurs blocs bien distincts : à Palermo Viejo résonne l’âme historique de la ville. C’est un Buenos Aires centenaire qui se révèle entre les casa chorizo, de basses maisons construites autour d’un patio, restaurées pour la plupart en galeries d’art, ateliers d'artisans et bars confidentiels, sans altérer le charme de ce style typiquement porteño.
Autour de la Plaza Serrano, Palermo Soho se distingue par son allure branchée et fantaisiste. Le micro-quartier s’étend en une myriade de couleurs, et les façades alternent entre fileteados et fresques murales réalisées par les street-artistes que le quartier a vus naître. C’est une véritable galerie à ciel ouvert, où les Argentins se rassemblent à l’ombre des terrasses fleuries et des rooftops végétalisés, et où les artistes locaux expriment toute leur inventivité au travers de concept stores et de galeries farfelues. Et la Feria artisanale du week-end signe le point d’orgue de cette créativité débordante ; on y déambule entre les fileteados peints à la main, véritables recueils d’expressions argentines, et les stands de créateurs. Et quand ce n’est pas l’art qui colore Palermo, c’est la nature ! Le jardin Botanico, le jardin Japones, et les immanquables bosques de Palermo forment de véritables écrins de nature en pleine ville urbaine, et invitent à des balades oniriques le long des roseraies infinies (el Rosedal), des ponts arqués, et des lacs où se côtoient pédalos et cygnes, rappelant toute la quiétude des tableaux de Monet.
Il y fait bon vivre, à Palermo, et son ambiance festive vous emporte dans un tourbillon de bars et de restaurants animés à la nuit tombée.


La Recoleta : élégance et patrimoine historique
Au Nord-Ouest de Buenos Aires, à quelques pas du cœur bouillonnant de la capitale, le quartier de la Recoleta se déploie dans toute son élégance. Tiré à quatre épingles, il incarne le raffinement de la ville, héritage d’une époque où l’aristocratie voulait faire de Buenos Aires un “Petit Paris”. C’est également un carrefour culturel majeur de la ville, où se rencontrent l’architecture haussmannienne, les ambassades, le musée des beaux-arts, la bibliothèque nationale et l’université de Buenos Aires. On y aperçoit également une sculpture quelque peu hors du commun : du haut de ses 20 mètres, la Floralis Genérica, géante fleur d’acier, éclos au lever du jour, et referme ses larges pétales au coucher du soleil. Un symbole d’espoir intemporel, qui renaît chaque jour sans exception.
Et ce n’est certainement pas le seul joyau du barrio ! Le cimetière de Recoleta, considéré comme Musée historique national, renferme de magnifiques mausolées où reposent les plus grandes figures du pays, d’Eva Perron à Bartolomé Mitre. Chacun de ses 6 000 tombeaux raconte des histoires et légendes chères à l’Argentine, au milieu d’une végétation grimpante et des sculptures illustrant le deuil, la fertilité, ou la justice.
Chaque week-end, les artistes et peintres locaux installent leurs stands colorés devant le centro cultural à l’occasion de la Feria de Recoleta où toiles, céramiques et cuires travaillés sont mis à l’honneur. De l’église Nuestra Senora del Pilar à la Plaza de Francia, la balade se poursuit sous l’ombre des jacarandas en fleurs et des gomeros centenaires, aux impressionnantes racines aériennes.


Avenida de Mayo, l’artère historique et symbolique
Artère historique de Buenos Aires, l’Avenida de Mayo est un boulevard incontournable à toute visite de la ville. En plus d’être la première avenue d’Argentine, elle tisse un lien symbolique entre la Plaza del Congreso et la Plaza de Mayo, et accueille la plupart des manifestations politiques et des célébrations nationales. Depuis le congrès national argentin, dominé par son imposant dôme en bronze de 20 mètres et soutenu par de hautes colonnes corinthiennes, l’avenue s’étend sur près de 2 kilomètres, jusqu’à atteindre la Casa Rosada, siège du gouvernement argentin. On y longe des bâtiments à l’architecture néoclassique, haussmannienne ou art nouveau, comme témoins des prouesses architecturales de la capitale.
À l’Est du boulevard, les Madres de la Plaza de Mayo se réunissent chaque jeudi depuis 1977, un foulard blanc noué sur la tête, pour réclamer justice en silence, et continuer de faire vivre le souvenir des enfants disparus lors de la dictature militaire.



San Telmo, immersion dans le Buenos Aires authentique et artistique
Depuis la Plaza de Mayo, il suffit de quelques pas pour changer de tempo et pénétrer dans le Buenos Aires d’antan. Véritable recueil d’art, d’antiquités et de musique, le mythique quartier de San Telmo a surtout vu naître le Tango Argentin dans ses vieux cafés.
On y parcourt les ruelles pavées au rythme d’un bandonéon, happé par les démonstrations romantiques de tango, les brocantes improvisées et les boutiques débordantes d’antiquités qui se succèdent. L’art et la mémoire sont partout : les patios d’anciennes demeures coloniales révèlent des galeries immersives et colorées, comme la Galería de la Defensa ou la Galería Solar de French. À ces cabinets de curiosités s’ajoute le célèbre marché couvert de San Telmo, où l’on chine des trésors d’autrefois, quelques empanadas à la main. Sous ses arcades grouillantes s’entre-mêlent vendeurs de vinyles, étales de fruits tropicaux, et de savoureux restaurants miniatures où l’on déguste les plats phares du pays ; du gourmand lomito au choripan fumant. Dans ce décor historique où le temps semble s’être arrêté, la sublime église San Pedro Gonzalez Telmo côtoie la cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité au style moscovite, les devantures des restaurants s’ornent de fileteados colorés, et un curieux banc attire l’attention des visiteurs. La statue de Mafalda, héroïne depuis plus de 60 ans de l’une des bandes dessinées les plus appréciées du pays, attend sagement qu’on s’installe à ses côtés pour capturer une photo souvenir.
Et c’est à la nuit tombée que le quartier lève le rideau sur ses scènes emblématiques : la Plaza Dorrigo accueille d’émouvantes démonstrations de tango au pied des terrasses, la Milonga Maldita initie les amateurs au tango puis laisse place aux professionnels lors d’un dîner-spectacle, et la Casona plurinacional Cultural vous invite à vivre le folklore des peñas traditionnelles, et à danser la cumbia ou la chacarera aux côtés des locaux.
Chaque dimanche, le quartier se métamorphose : la Feria de San Telmo envahit la calle Defensa de stands d’art, de broderie, d’artisanat, de pierres précieuses ou de brocantes, offrant un joyeux bazar à l’image du quartier.



La Boca, l’âme ouvrière colorée de Buenos Aires
Après une traversée de l’élégant parque Lezama, l’Avenida Almirante Brown aboutit sur un autre visage de la capitale : le quartier populaire de La Boca, brut, coloré et vivant. C’est sur les rives du fleuve Riachuelo qu’est née cette enclave ouvrière, façonnée avec les moyens du bord à partir de matériaux récupérés sur les chantiers navals, et de peintures pour bateaux. De ces efforts créatifs naît la splendide ruelle d’El Caminito, complètement insolite, où les façades dépareillées et les palettes de couleurs évoquent presque un décor de film d’animation.
Les petites habitations portuaires s’empilent, les sculptures des figures emblématiques argentines saluent les passants depuis les balcons, et les danseurs de tango virevoltent fièrement au pied des bâtiments. Ici, l’art du quotidien rencontre l’histoire ouvrière, et cette symbiose inspire les artistes venus immortaliser ces décors hors du temps.
Mais La Boca doit aussi sa renommée au mythique club de football Boca Juniors, et son légendaire stade de la Bombonera, où les bancs vibrent de passion et de ferveur à chaque match disputé. C’est ici que Diego Maradona fit ses premiers pas, avant d’écrire l’une des plus grandes pages de l’histoire du football argentin, et mondial.


Puerto Madero, renouveau urbain
Installé sur les rives du Rio de la Plata, l’ancien port réhabilité de Puerto Madero est aujourd’hui le quartier le plus récent et contemporain de la ville.
Derrière ses docks en briques rouges se hissent une vingtaine de gratte-ciel modernes, qui tranchent avec l’architecture du centre historique. La fresque monumentale de Barbara Kruger, peinte aux couleurs du drapeau argentin, interpelle par ses slogans percutants et s’inscrit dans un paysage résolument engagé en faveur des droits des femmes ; du splendide Puente de la Mujer au Parque Mujeres Argentinas, en passant par les rues baptisées des noms de personnalités féminines emblématiques du pays. Le quartier abrite également l’une des plus grandes concentrations de biodiversité de la ville, la Reserva Ecologica Costanera Sur, qui invite à de paisibles balades bercées par le chant de centaines d’oiseaux.
À la nuit tombée, les lumières des restaurants, des bars flottants et du musée frégate Presidente Sarmiento se reflètent sur les eaux calmes du canal, contrastant avec la fièvre nocturne du quartier.
À seulement 1 heure de train de Buenos Aires, le décor change radicalement aux abords du Delta du Tigre. Cet écrin de nature se découvre au fil de l’eau à bord d’une lancha, le long des canaux ensevelis sous une riche végétation. L’agitation urbaine laisse place à une atmosphère paisible dans ce labyrinthe d’îlots, et les maisons secondaires sur pilotis des porteños se succèdent à flanc de rives, veillées depuis la berge par le somptueux Museo de Arte et son emplacement d’exception.
Buenos Aires se révèle ainsi dans toute sa singularité : une ville où passé et présent dialoguent depuis les terrasses des cafés, où l’art de vivre s’adapte à chaque quartier, où la passion du pays s’exprime à travers ses fresques murales, autour d’un maté partagé ou depuis les bancs tremblants d’un stade de football, et où la tranquillité des grands espaces métamorphose les paysages en quelques stations seulement. La capitale déploie son éventail d’expériences architecturales, gastronomiques et locales, d’une romantique soirée tango à un día de campo dans une estancia en périphérie. Une ville baignée d’un caractère fièrement argentin dont on ne se lasse pas, et dont la richesse culturelle mérite définitivement qu’on s’y attarde au moins quelques jours.















