
Guide de voyage
La culture d’Edo
Edo, l’héritage de l’ancien nom de Tokyo
Avant de s’appeler Tokyo, la capitale du Japon portait un autre nom : Edo. De 1603 à 1868, cette ville fut le cœur du pouvoir sous le shogunat Tokugawa, mais aussi un véritable foyer culturel et économique du Japon féodal. C’est l’époque d’Edo, une période cruciale qui a façonné l’identité de la future ville de Tokyo.
Imaginez-vous déambuler parmi les samouraïs, les marchands, les maîtres de thé, les comédiens de kabuki et les lutteurs de sumo, qui animaient chaque jour cette cité pleine de vie. Entre ruelles commerçantes en effervescence, jardins somptueux des seigneurs (daimyo), théâtres populaires et rituels codifiés, Edo offrait un spectacle foisonnant, riche en traditions. Aujourd’hui, l’époque d’Edo n’a pas totalement disparu. Dissimulé derrière les néons et les gratte-ciels modernes, son héritage demeure bien vivant, niché dans certains quartiers, musées, temples et pratiques que vous pouvez encore découvrir et apprécier.
Les quartiers de Tokyo qui gardent l’âme de l’époque d’Edo
Le palais impérial de Tokyo
Quartier d'AsakusaAsakusa incarne l’âme spirituelle d’Edo. C’est ici que vous découvrirez le célèbre temple Sensō-ji, le plus ancien de Tokyo. Bien qu’ayant été reconstruit, il existait déjà à l’époque d’Edo, et Asakusa est l’un des rares quartiers à avoir survécu aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. En parcourant la rue Nakamise-dori, bordée de petites échoppes traditionnelles, vous serez transporté dans une atmosphère d’autrefois : kimonos, encens, confiseries japonaises…
Chaque année au printemps, ce quartier de Tokyo s’anime encore plus intensément lors du Sanja Matsuri, l’un des plus grands festivals shinto du Japon. Ses processions vibrantes, avec les mikoshi portés à travers les rues, et ses danses rituelles offrent une immersion festive et authentique dans l’esprit d’Edo, mêlant spiritualité et joie populaire.
Yanaka, à deux pas du parc d’Ueno, offre une véritable bulle hors du temps. Ses ruelles étroites, ses maisons en bois, ses petits ateliers d’artisans et ses vieux temples témoignent du Tokyo d’antan. Ce quartier a miraculeusement échappé aux grands incendies et aux bombardements, préservant ainsi un précieux héritage historique de l’époque d’Edo. Autrefois repaire des geishas, le quartier de Kagurazaka, vous séduira avec ses ruelles pavées, ses restaurants traditionnels et son charme discret. Plus au sud, Nihonbashi, aujourd’hui dominé par des buildings, était autrefois le point de départ des grandes routes d’Edo, notamment la célèbre Tokaido, route reliant Edo à Kyoto. Le pont Nihonbashi, reconstruit plusieurs fois au fil des siècles mais toujours à son emplacement d’origine, demeure un témoin silencieux de ce passé révolu de l’ancien nom de Tokyo.
Le Palais impérial, ancienne résidence du shogun Tokugawa, conserve ses douves, ses murs de pierre, ainsi que les jardins Est où l’on peut encore apercevoir les fondations de la tour principale. Non loin de là, le sanctuaire Nezu-jinja, avec ses torii rouges alignés, offre un aperçu rare de l’architecture shinto de l’époque d’Edo.
Les arts et traditions sous l’époque d’Edo
De nombreux arts populaires japonais ont émergé ou prospéré à Edo : le théâtre Kabuki, le sumo, l’ukiyo-e, et bien d’autres. Le sumo, sport emblématique du Japon, a connu son essor durant l’époque d’Edo. Le quartier de Ryogoku, à l’est de Tokyo, en est le cœur historique. Aujourd’hui encore, le Ryogoku Kokugikan, stade principal du sumo, accueille trois tournois majeurs par an. Lorsque la compétition n’a pas lieu, certaines écuries de sumo (heya) ouvrent leurs portes, offrant une rare occasion d’assister à un entraînement matinal. Vous vivrez alors une immersion saisissante dans une tradition inchangée depuis plusieurs siècles.
Le théâtre Kabuki, forme d’art populaire, a su conquérir les foules d’Edo. Aujourd’hui, c’est au Kabuki-za de Ginza que cette tradition se perpétue. Même sans parler japonais, l’expérience vaut le détour : costumes colorés, maquillage exubérant, mises en scène spectaculaires…
Jardins et musées, témoins du Japon d’antan
Edo culture à Asakusa
Koishikawa KorakuenPour les amateurs d’art, ne manquez pas le Sumida Hokusai Museum, où vous pourrez admirer les célèbres estampes ukiyo-e de Hokusai, maître incontesté.
Tokyo recèle de jardins japonais hérités des seigneurs féodaux, véritables havres de paix au cœur de la métropole. Parmi eux : Koishikawa Korakuen, un jardin typiquement Edo, avec ponts, étangs et collines artificielles. Hamarikyu Gardens : ancien domaine du shogun, avec une maison de thé au bord de l’eau contraste avec les tours modernes alentour. Ces jardins incarnent l’esthétique de l’époque : équilibre, silence, contemplation.
Pour découvrir Tokyo sous un autre angle, embarquez pour une croisière sur la rivière Sumida. Vous passerez sous des ponts historiques, longerez des quartiers anciens, et pourrez imaginer les bateaux chargés de marchandises accostant dans un port autrefois très animé.
Pour une immersion encore plus complète, dans l’époque d’Edo, ne manquez pas le Fukagawa Edo Museum, un trésor méconnu qui vous transporte dans un véritable quartier reconstitué grandeur nature. Gardez également un œil sur le Musée d’Edo-Tokyo, actuellement fermé pour rénovations, mais réputé pour ses reconstitutions impressionnantes. Vous pourrez aussi vous initier aux arts traditionnels, tels que la cérémonie du thé, la calligraphie, ou encore fabriquer vos propres senbei, ces délicieuses galettes de riz.
À Tokyo, il suffit parfois de tourner dans une ruelle pour retrouver Edo : soyez curieux, marchez lentement, et laissez la ville vous raconter son histoire : celle de l’ancien nom de Tokyo et de la glorieuse époque d’Edo.
























