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Guide de voyage

Nara

Nara, aux portes du Japon ancien

Située à seulement 45 minutes de Kyoto ou d’Osaka, à peine sortis de la gare, vous percevrez déjà ce qui rend Nara unique. En quelques pas, le moderne laisse place au traditionnel : des daims curieux s’approchent, comme pour vous souhaiter la bienvenue, tandis qu’en toile de fond, les toits des temples et sanctuaires émergent entre les collines boisées. Le temps ne semble pas s’y écouler tout à fait comme ailleurs.

Ancienne capitale impériale, Nara abrite certains des plus anciens sites bouddhiques et shintô du Japon, disséminés dans un centre-ville à taille humaine où l’histoire reste intensément présente. Avant Tokyo, et même Kyoto, Nara fut la première capitale du Japon au VIIIe siècle, durant la période qui porte son nom (710–794). Inspirée de la Chine des Tang, elle fut conçue comme une cité impériale ordonnée, rayonnant sur les plans culturel et religieux. C’est ici que le bouddhisme s’enracina durablement, marquant les lieux, les arts et les esprits.

Aujourd’hui, cet héritage se lit partout : dans les pagodes élancées, les vastes enceintes de bois sacrées, ou les visages sereins des bouddhas millénaires. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, Nara n’est pas un simple vestige du passé : elle continue de faire battre le cœur spirituel du Japon.

Le Tōdai-ji et le Grand Bouddha

Votre visite commencera certainement par le Tōdai-ji, l’un des temples les plus emblématiques du Japon. Impossible de ne pas être saisi par la puissance tranquille de ce bâtiment entièrement en bois, qui abrite une statue colossale du Bouddha Vairocana, haute de plus de 15 mètres. La lumière filtre doucement à travers les interstices du bois ancien, l’encens flotte dans l’air, et les chants des moines résonnent parfois au loin. On ne se contente pas de visiter les lieux : on y entre avec respect. À quelques pas, au cœur d’une forêt dense, se niche le Kasuga Taisha, sanctuaire shintô célèbre pour ses milliers de lanternes de pierre et de bronze. Chacune porte son histoire, sa dédicace, son offrande. Lors du festival Mantōrō, toutes s’illuminent, baignant le sanctuaire d’une lumière douce et sacrée. Le chemin qui y mène serpente entre les arbres moussus, traversé de rayons dorés : marcher jusqu’à Kasuga Taisha, c’est déjà une forme de méditation.

Le parc de Nara et ses daims sacrés

Mais Nara, c’est aussi son parc, vaste écrin de verdure reliant tous ces lieux, où plus d’un millier de daims vivent en liberté. Considérés comme messagers sacrés des dieux dans la tradition shintô, ces daims paisibles errent en toute liberté. Ils sont ici chez eux, véritables symboles vivants du lien profond entre nature et spiritualité. Vous les croiserez à chaque détour, curieux et doux, parfois un peu espiègles quand ils réclament leurs biscuits préférés, les shika senbei. Cette interaction simple et unique fait pleinement partie de l’expérience Nara.

À côté des sites les plus célèbres, d’autres trésors méritent le détour. Non loin de la gare, le Kōfuku-ji s’élève avec sa pagode à cinq étages, la deuxième plus haute du Japon. Ancien temple familial du puissant clan Fujiwara, il abrite un musée où sont conservées des sculptures bouddhiques classées trésors nationaux, témoignant de la richesse artistique de cette époque.

Pour un moment de calme, les jardins japonais traditionnels Isuien et Yoshiki-en offrent un havre de paix. Ces espaces mêlent étangs, rochers et végétation, organisés selon le principe du "shakkei", où le paysage environnant s’intègre harmonieusement à la composition. On se laisse porter par la lumière changeante qui danse sur l’eau et les feuilles, un instant parfait pour s’imprégner de la sérénité des lieux.

Dans le quartier de Naramachi, ancien quartier marchand de Nara, les ruelles étroites bordées de maisons traditionnelles en bois (machiya) invitent à la flânerie. On y découvre boutiques artisanales, salons de thé discrets et petits musées, offrant une plongée dans la vie quotidienne d’autrefois, loin de l’effervescence des sites majeurs.

Si vous le souhaitez, le Nara National Museum complète la visite avec ses riches collections d’art bouddhique, statues et manuscrits anciens. Chaque automne, une exposition spéciale permet de découvrir des trésors rarement montrés, notamment issus du temple Shōsō-in, autre témoignage précieux de l’histoire religieuse de la ville.

Ce qui frappe à Nara, au-delà des monuments, c’est son atmosphère unique. Loin du rythme effréné d’Osaka ou de la sophistication de Kyoto, Nara respire la lenteur et la contemplation. On s’y promène sans but précis, on s’assoit sur un banc pour regarder tomber les feuilles, on se laisse porter par la lumière changeante.

Nara au fil des saisons

Au fil des saisons, Nara révèle tour à tour ses visages : au printemps, les cerisiers en fleurs illuminent les temples ; à l’automne, les érables embrasent les allées ; en été, la verdure dense paraît presque irréelle, et l’hiver apporte un calme feutré, presque monastique.

Au-delà des temples, Nara vit à travers ses traditions. Plusieurs festivals rythment l’année, chacun offrant un aperçu précieux de la culture locale. Le plus spectaculaire est sans doute le Wakakusa Yamayaki, où la colline Wakakusa est littéralement incendiée dans un rituel ancestral censé purifier l’année à venir. Un feu impressionnant, suivi de feux d’artifice, embrase la ville sous des regards fascinés. Plus intime, le **festival des lanternes **(Mantōrō), déjà évoqué, transforme le sanctuaire Kasuga en un monde de lumière. Ici, il ne s’agit pas seulement de voir, mais de ressentir cette atmosphère de recueillement et de lien entre les générations.

Nara est aussi réputée pour ses savoir-faire traditionnels : l’encens artisanal, les pinceaux de calligraphie, ou encore des spécialités culinaires comme le kakinoha-zushi — ce sushi délicatement enveloppé dans une feuille de kaki. Chaque objet, chaque saveur raconte une histoire, une part vivante de ce lieu unique.

Ce qui marque à Nara, ce n’est pas seulement ce qu’on y voit, mais surtout ce qu’on y ressent. C’est un lieu où l’on comprend pourquoi le Japon ancien continue de fasciner. Nara n’est pas un musée figé. C’est une ville vivante, ancrée dans le présent, dont les racines plongent profondément dans l’histoire. Elle offre au voyageur un espace rare et précieux : celui de la paix, de la beauté, de la spiritualité, et d’une harmonie simple, sans ostentation. Et peut-être, en repartant, emporter avec soi quelque chose de précieux : un peu de cette sérénité ancienne. Dans votre itinéraire, laissez une place à Nara. Pas seulement pour voir. Mais pour vivre.

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