
Guide de voyage
La région des cinq lacs du Mont Fuji
La région des cinq lacs du Mont Fuji, symbole du Japon
Montagne sacrée, au sud-ouest de Tokyo, le Mont Fuji du haut de ses 3 776 mètres veille sur l’archipel. Symbole éternel, sa forme conique parfaite, souvent coiffée de neige, est l’une des plus reconnaissables au monde. Pourtant, rien ne remplace l’émotion que vous ressentirez en le voyant de vos propres yeux.
Depuis des siècles, les Japonais lui rendent hommage à travers le shintoïsme et le bouddhisme. Il est vénéré comme une montagne divine. Gravie autrefois par des pèlerins en quête de purification, aujourd’hui encore, son ascension estivale reste une expérience à la fois physique et symbolique. Cette dimension esthétique et sacrée a valu au Mont Fuji une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, non pas en tant que site naturel, mais comme “lieu de culte et source d’inspiration artistique”. Une reconnaissance qui résume assez bien l’aura du Mont Fuji.
Pour l’admirer dans toute sa splendeur, il vous faudra vous en approcher.
Les cinq volcans de la région, miroirs du géant volcanique
Le lac Yamanakako
Le lac KawaguchikoDans une zone paisible au nord du volcan, cinq lacs d’origine volcanique semblent tendre des miroirs à ce géant. Chacun a sa personnalité, son rythme, son atmosphère.
Kawaguchiko, lac incontournable et vues épiques sur le Mont Fuji
Kawaguchiko est le lac le plus accessible depuis Tokyo, et le plus populaire. C’est ici que les vues sur le Mont Fuji sont les plus célèbres, notamment depuis les hauteurs du téléphérique de Kachi-Kachi Yama ou la célèbre pagode Chureito. Dominant la ville de Fujiyoshida, cette dernière offre l’un des panoramas les plus iconiques du Japon. Une pagode rouge se découpant sur la majesté enneigée du Fuji, surtout saisissante au printemps, quand les cerisiers sont en fleurs, ou à l’automne, dans un embrasement de couleurs. Sur la rive nord du lac, le parc Oishi dévoile un tableau vivant : lavandes en été, feuillages flamboyants en automne, toujours avec le volcan en toile de fond. À quelques pas, le musée Itchiku Kubota, niché dans un jardin paisible, expose des kimonos somptueux teints selon une technique ancestrale, chacun racontant à sa manière la beauté du Mont Fuji et le cycle des saisons. Pour les amateurs de sensations fortes, Fuji-Q Highland et ses montagnes russes extrêmes ajoutent une dose d’adrénaline à ce décor spectaculaire.
Juste à côté, Fujiyama Onsen vous invite à la détente dans des bains chauds traditionnels avec, toujours, la montagne en toile de fond. Les sources d’Oshino Hakkai, nées de la fonte des neiges du Fuji, émerveillent par la pureté de leurs eaux cristallines. Kawaguchiko est bien plus qu’un simple point de vue : c’est une immersion complète entre nature, culture et divertissements. Le lac Saiko et la forêt d’Aokigahara
Pour une expérience plus intime, dirigez-vous vers le lac Saiko. Bordé par l'énigmatique forêt d'Aokigahara, ce lieu invite au silence. Cette forêt est célèbre pour son atmosphère unique. Les arbres y forment un labyrinthe naturel, propice à la méditation, parfois teinté de légendes plus sombres. Non loin, le village traditionnel d'Iyashi no Sato Nenba vous transportera dans le temps. Découvrez ses chaumières restaurées, rencontrez des artisans locaux et profitez de vues sublimes sur les montagnes.
Yamanakako : le plus grand lac propice aux activités
Yamanakako, le plus vaste et le plus élevé des lacs, offre des matins brumeux fréquents. Mais quand le voile se lève, le Mont Fuji y apparaît presque irréel. En été, le lac s'anime avec ses pédalos en forme de cygnes, ses activités de kayak et ses croisières tranquilles. C'est un endroit vivant, tourné vers la nature et les loisirs.
Shojiko et Motosuko : tranquillité au pied du Mont Fuji
Shojiko est le plus petit, en revanche, sa tranquillité est précieuse. Depuis ses rives, vous apercevez une petite colline en avant-plan, surnommée le “Kodaki Fuji” (ou “Fuji enfant”), lovée contre la silhouette du volcan. Une scène intime et poétique. Le lac Motosuko, le plus profond et le plus pur est celui qui orne le billet de 1000 yens. Moins fréquenté, il attire les amateurs de plongée ou de camping, venus admirer la transparence de ses eaux. Entre chaque lac, vous pouvez louer un vélo ou partir en randonnée.
À quelle période visiter le Mont Fuji et ses cinq lacs ?
En automne
En hiverLe Mont Fuji aime se faire désirer. Pour le voir dans toute sa clarté, mieux vaut vous lever tôt et croiser les doigts pour un ciel dégagé. L’automne est sans doute la saison la plus propice : le temps est sec, les érables s’enflamment, et les levers de soleil sont souvent spectaculaires. L’hiver, bien que froid, offre une visibilité maximale grâce à un ciel limpide. C’est aussi là qu’il porte sa célèbre couronne blanche. Le printemps est magique, avec les cerisiers en fleurs. En été, il est possible de grimper jusqu’au sommet (juillet-août), mais la montagne reste souvent masquée par la brume.
Les sanctuaires et traditions de la région des cinq lacs
Certains lieux dégagent une force particulière, entre tradition, vue spectaculaire et recueillement. Plusieurs sanctuaires shinto rappellent que le Mont Fuji est bien plus qu’une montagne. C’est un être vivant, un kami, un esprit sacré. Parmi eux, le sanctuaire Fuji Sengen-jinja, fondé il y a plus de mille ans, occupe une place centrale dans le culte du volcan. Situé à Fujinomiya, sur le versant sud, il marque historiquement l’entrée spirituelle pour l’ascension du Fuji. Son immense torii (portail shinto), ses cèdres centenaires et ses rituels de purification témoignent de la profonde vénération que les Japonais portent à cette montagne divine. Trois autres sentiers permettent d’atteindre le sommet : Yoshida, le plus populaire, au nord ; Subashiri, le plus boisé ; et Gotemba, le plus long.
Chaque année, des festivals traditionnels célèbrent cette relation sacrée : danses rituelles, feux d’artifice et chants anciens rythment l’été. Au printemps, le “Fuji Shibazakura Festival” attire des milliers de visiteurs venus admirer des tapis de fleurs roses s’étendant à perte de vue, avec le Fuji en toile de fond.
Aux alentours du Mont Fuji
Si l’on s’éloigne un peu, à l’est, Hakone séduit par ses musées, ses sources chaudes et ses sentiers boisés. Par temps clair, les vues sur le volcan depuis le lac Ashi ou le téléphérique d’Hakone sont à couper le souffle. Plus au sud, la péninsule d’Izu offre un tout autre décor : falaises volcaniques, plages paisibles et villages thermaux s’ouvrent sur un panorama marin où le Mont Fuji, parfois visible à l’horizon, surgit comme une apparition. Côté saveurs, ne manquez pas les nouilles Hōtō, épaisses et servies dans un bouillon de légumes, spécialité réconfortante du Yamanashi. La région est aussi réputée pour ses fruits juteux (pêches, raisins, cerises), son vin local - Yamanashi étant le berceau du vin japonais - et ses produits laitiers artisanaux.
Le Mont Fuji n’est pas un simple monument figé. Il change, se voile, réapparaît, vivant au rythme du temps et de la lumière. En repartant, peut-être comprendrez-vous pourquoi les Japonais ne se contentent pas de le regarder. Ils l’honorent, silencieusement, comme on s’incline devant une présence sacrée.
























