
Guide de voyage
Esperance et le Golden Outback
Si vous avez eu la chance de visiter la côte Est, vous pensez sûrement connaître les plus belles plages d’Australie. Attendez d’arriver à Esperance.
Ici, le sable est si blanc et si fin qu’il crisse sous vos pas comme de la neige. L’eau, un dégradé de turquoise comme peint à la main, s’étire à perte de vue. Des kangourous se prélassent sur le sable, le soleil jouant sur leur pelage clair. Le long du Great Ocean Drive, chaque virage dévoile une crique plus belle, plus déserte que la précédente. Et au large, Middle Island offre un autre prodige de couleur : le lac Hillier, rose vif, collé à l’océan azur.
Mais derrière ces plages parfaites, l’Outback s’ouvre, rouge et aride. Kalgoorlie surgit comme un mirage. La ville a des airs de Far West, avec ses pubs centenaires, ses auvents en fer forgé, ses murs en brique. On vous raconte les folles années de la ruée vers l’or, quand les chercheurs grattaient la terre jusqu’au bout de la nuit, quand les saloons ne fermaient jamais. Certains y perdaient en une soirée ce qu’ils avaient mis des semaines à gagner. Aujourd’hui, les pick-up ont remplacé les chevaux, mais la Super Pit, immense mine à ciel ouvert, creuse toujours les entrailles de la terre. Plus loin, des villages fantômes jalonnent la route, souvenirs d’une époque fiévreuse où le bush a repris ses droits. À Lake Ballard, des silhouettes de métal, figées sur le sel craquelé, vous observent en silence. À Wave Rock, une vague de pierre, vieille de millions d’années, semble prête à déferler sur le bush. Plus au Nord surgit un géant oublié : le mont Augustus, lieu sacré pour les Wajarri, deux fois plus grand qu’Uluru. Tout autour, le désert s’étale, sans fin.
Sur les pistes rouges du Golden Outback, vous vous arrêtez dans des stations-service où le café est fort, l’accueil est franc. Vous passez devant des panneaux : « Next roadhouse 180 km », croisez un émeu en bord de route, un lézard qui traverse nonchalamment la piste, maître de ce royaume de poussière. L’Australie dans sa bizarrerie la plus merveilleuse, étrangement intime.





















