
Guide de voyage
Que faire à Moorea ?
Moorea, une île facile à aimer, difficile à quitter
À environ 30 minutes de ferry de Tahiti ou 15 minutes de vol, Moorea apparaît dans toute sa grâce, sa silhouette dentelée de pics volcaniques posée sur un lagon d’aquarelle. Plus simple que Bora Bora, plus douce que Tahiti, l’île sœur incarne l’équilibre parfait entre nature spectaculaire, culture locale et douceur de vivre. Ici, vous plongez dans les eaux chaudes du lagon, randonnez sur des crêtes verdoyantes, partagez un poisson cru sur la plage ou contemplez les étoiles depuis votre fare. À Moorea, tout se fait à son propre rythme. Le vôtre.
L’arrivée à Moorea, première rencontre avec le Nord de l’île
L’arrivée à Moorea est une expérience en soi, que vous arriviez par avion ou bateau. Vue du ciel, l’île se dessine comme un cœur d’émeraude bordé de turquoise. Deux baies emblématiques entaillent sa pointe nord : la baie de Cook et la baie d’Opunohu, vastes, profondes, majestueuses. Par les eaux, le ferry glisse doucement sur le lagon limpide, les reliefs se rapprochent et le mont Rotui se dresse comme une sentinelle protectrice. À votre arrivée sur le quai de Vaiare, le soleil tape. Quelques taxis, des navettes d’hôtels, un comptoir de location, des scooters s’alignent sous les cocotiers. Le parfum du tiaré flotte dans l’air. Vous y êtes. Tout commence ici pour savoir que faire à Moorea.
Longez la route vitres ouvertes, vent dans les cheveux, direction le nord et la côte Ouest. De Temae à Haapiti, la côte déroule ses plages blondes. À Ta’ahiamanu, jolie plage publique au creux de la baie d’Opunohu, les familles locales se retrouvent le week-end, glacières à la main. On nage, on pique-nique, les enfants plongent en riant dans les eaux claires pendant que les adultes discutent à l’ombre des arbres. Dans les environs de Hauru, les petits resorts s’égrènent entre cocotiers et sable blond, à deux pas des clubs de plongée, snacks et prestataires de sorties en mer. Un peu plus loin, à Haapiti, les surfeurs guettent les vagues d’un spot réputé mais discret tandis qu’au Tiki Village, une fenêtre s’ouvre sur la culture polynésienne : spectacles de danse, ateliers d’artisanat et reconstitutions traditionnelles y rythment les soirées.
Depuis la côte, embarquez pour une sortie lagon : masque et tuba sur le nez, vous frôlez les raies pastenagues, observez les requins-pointe noire glisser sous vos pieds, admirez les jardins de corail depuis un kayak transparent. Un peu plus loin, au large, les dauphins jouent dans les vagues. Et en saison, de juillet à novembre, les souffles des baleines à bosse percent la surface : leur passage, un spectacle silencieux et majestueux, reste gravé dans les mémoires. Ce sont des activités phares à faire à Moorea.
Prenez aussi de la hauteur. Montez jusqu’au belvédère de Toatea pour une vue spectaculaire sur les bungalows sur pilotis et, au loin, la silhouette bleutée de Tahiti. Ou grimpez jusqu’à Magic Mountain : depuis son sommet, la mer se colore de mille teintes de bleu, et les motu semblent flotter, posés sur l’eau comme des pétales.
Le Sud de Moorea, douceurs et authenticité
Plus vous descendez vers le Sud, plus Moorea se fait paisible. Loin des plages animées du Nord, la route devient plus étroite et vous dévoile, tournant après tournant, ses villages tranquilles, ses églises aux clochers blancs posées entre mer et montagne, ses maisons basses aux toits en tôle ondulée, dissimulées derrière des haies de bougainvilliers. Vous croisez ici plus de locaux que de visiteurs, et parfois même quelques vaches broutant au bord de la route.
Sur la côte Est, la montagne plonge parfois jusqu’au lagon, dessinant des paysages plus escarpés, plus sauvages. Peu d’hôtels, peu d’activités touristiques organisées : c’est la Moorea des habitants.
Arrêtez-vous en bord de route à un petit stand improvisé pour acheter des régimes de bananes, des ananas sucrés, un pot de confiture maison ou un éventail tressé en pandanus. Il n’y a pas toujours quelqu’un, parfois juste une boîte en plastique pour laisser quelques pièces et un mot griffonné à la main : "Mauruuru". Juste la confiance, la proximité, et ce lien discret entre ceux qui partagent la même île.
Le village d’Afareaitu, niché entre lagon et montagne, est l’un des cœurs battants de cette côte plus discrète. On y croise des scènes simples et sincères : une partie de dominos sous un manguier, un stand de poisson fumant, une maman qui tresse un panier. Depuis les hauteurs, quelques sentiers discrets mènent à des cascades cachées dans la forêt tropicale. Vous y serez peut-être seuls, le bruit de l’eau et le chant des oiseaux pour seule compagnie.
Les petites criques du Sud de Moorea se dévoilent au détour d’un virage. Un bord de mer encore préservé, quelques maisons, une pirogue tirée sur le sable. C’est aussi dans cette moitié de l’île que vous venez chercher du silence, du recul, une forme d’immersion douce dans la vie polynésienne.
Le cœur volcanique de Moorea
Mais Moorea ne se résume pas à ses côtes. Derrière les lagons, l’île s’élève en vallées profondes et fertiles, tapissées d’ananas, de manguiers et de pieds d’avocats. Le mont Rotui, totem végétal planté entre les baies, veille sur cet intérieur vibrant, où la nature règne en maître. Si vous vous demandez que faire à Moorea pour les amateurs de randonnées, cet endroit est fait pour vous.
Si vous aimez randonner, vous trouverez ici un terrain de jeu à la hauteur : sentiers forestiers bordés de fougères arborescentes, crêtes vertigineuses, marae cachés sous les mousses, points de vue ouverts sur l’île tout entière. Dans la vallée d’Opunohu, des chemins mènent à des sites archéologiques restaurés, comme le marae de Titiroa. Ici, entre les pierres noires et les racines entremêlées, on sent encore vibrer l’écho discret des rituels d’autrefois. Le col des Trois Cocotiers, le sentier des Trois Pinus et sa célèbre balançoire, avec sa vue imprenable sur les baies, font partie de ces lieux qu’on atteint au prix d’un peu d’effort mais qu’on n’oublie jamais. D’autres préfèrent explorer ces paysages à cheval, en VTT ou en quad, le long des plantations et des pistes forestières.
Mais nul besoin de grimper pour goûter à l’âme verte de Moorea. Autour de Paopao, vous longez des routes, bordées d’hibiscus, qui serpentent entre champs d’ananas, rangées de caféiers et lianes de vanille. Les effluves légers de fleurs, de fruits mûrs et de terre humide flottent parfois au passage. Le lycée agricole et la distillerie Rotui ouvrent leurs portes aux curieux : on y découvre la richesse agricole de l’île, et l’on goûte aux jus, liqueurs, confitures et produits maison. L’ananas de Moorea, réputé pour sa chair sucrée et parfumée, se savoure ici à la source, coupé en quartiers, encore tiède de soleil. Impossible d’y résister.
Laissez-vous porter par la lumière qui glisse sur les baies, par le souffle chaud du vent dans les cocotiers ou les battements sourds d’un to’ere lors d’un spectacle. Par cet équilibre rare entre lagons lumineux et reliefs montagneux, entre fréquentation et authenticité. Moorea a une vraie vie, faite de familles, d’agriculteurs, d’artisans, de guides qui partagent leur île avec sincérité. Elle touche. Elle reste. Et elle rend le départ presque impossible.








