
Guide de voyage
Guide de Celestún
Celestún, entre terres et mer
Celestún se situe à l’endroit précis où le Yucatán cesse d’être terrestre. Ici, la route semble s’effacer peu à peu, remplacée par des lagunes, des bras d’eau salée et une végétation dense qui se faufile entre ciel et mer. À l’Ouest de l’État, face au golfe du Mexique, ce village discret marque l’entrée d’un monde à part, régi par les marées, le vent et le passage des oiseaux.
Celestún n’a rien d’une station balnéaire. C’est un lieu de transition, un territoire fragile et protégé, où l’on vient avant tout pour observer et comprendre un écosystème unique, façonné par l’eau.
Une réserve de biosphère parmi les plus riches du Yucatán
Le village borde la réserve de biosphère de Ría Celestún, une zone naturelle protégée reconnue pour sa biodiversité exceptionnelle. Mangroves, lagunes côtières et zones humides s’y entremêlent, créant un habitat idéal pour de nombreuses espèces animales.
C’est ici que se trouve l’une des plus importantes colonies de flamants roses du Mexique. Selon la saison, ils apparaissent par dizaines, parfois par centaines, leurs silhouettes rosées se détachant sur les eaux peu profondes. Leur couleur, issue de leur alimentation riche en crustacés, rappelle l’équilibre délicat de cet environnement.
Les excursions en bateau permettent de pénétrer au cœur des mangroves, là où les palétuviers forment des tunnels naturels et où l’eau devient presque immobile. Le silence y est seulement rompu par le battement d’ailes des oiseaux ou le glissement discret d’un reptile à la surface.
À Celestún, le regard devient central. On ne se presse pas, on observe. Les guides locaux connaissent les courants, les zones de nidification, les rythmes de la faune. Pélicans, aigrettes, hérons et cormorans partagent cet espace avec les flamants, dans une cohabitation silencieuse et constante.
L’expérience ne se résume pas à un spectacle. Elle invite à une forme de respect, presque instinctive. Ici, la nature n’est pas mise en scène, elle se laisse simplement approcher, à condition d’adopter son tempo.
Entre lagune et golfe du Mexique
Après la réserve, Celestún dévoile un autre visage. Le village s’étire le long d’une plage ouverte sur le golfe du Mexique, plus sauvage que celles de la côte caraïbe. Le sable y est clair, les vagues parfois soutenues, et l’horizon semble sans limite.
Les restaurants de bord de mer servent une cuisine simple, directement issue de la pêche locale. Poissons grillés, crevettes et ceviches accompagnent souvent la fin de journée, lorsque la lumière décline et que l’air devient plus doux. La vie suit ici un rythme lent, dicté par la mer et les saisons.
Celestún, une pause essentielle
Celestún n’est pas une destination que l’on coche sur une liste. C’est une pause. Un lieu qui rappelle que le Yucatán ne se résume pas à ses cités mayas ou à ses villes coloniales, mais qu’il est aussi une terre d’eau, de silence et de migration. Quitter Celestún, c’est emporter avec soi une sensation plus qu’un souvenir précis. Celle d’un territoire vivant, fragile, où l’homme reste un visiteur discret. Une étape précieuse pour qui souhaite découvrir le Yucatán dans toute sa diversité.











